Le Picot Bigouden : une dentelle identitaire

Le Picot Bigouden : une dentelle identitaire

 

L e "point d'Irlande" en pays bigouden

 

Comme sur toute la côte sud du Finistère, la guipure d’Irlande s’est implantée en pays bigouden, touché de plein fouet par les crises sardinières.

Des ouvroirs virent le jour, au Guilvinec et à l’Ile-Tudy.

Partout sur le littoral bigouden, les femmes et les enfants, y compris les garçons avant l’âge d’embarquer, produisaient de la dentelle. Comme en Irlande, une véritable industrie domestique se développa.

 

La production était échangée à l’épicerie contre diverses denrées, ou bien collectée et revendue en dehors de Bretagne.

 

Pour bien des familles, la dentelle devint un revenu complémentaire, et parfois, un maigre moyen de subsistance. Elle contribuait aussi au lien social. Les groupes de dentellières furent immortalisées par de nombreux photographes, séduits par le « charme pittoresque » de l’activité.

 

 

Naissance du picot bigouden

Après la 1ère guerre mondiale, les pays du Cap et de Concarneau abandonnèrent la production d’Irlande. Seules les Bigoudènes continuèrent, s’approprièrent la technique, l’adaptèrent pour accélérer la production, et développèrent leur style propre, unique et graphique.

 

Dans presque tous les foyers, les femmes maniaient le crochet. Ainsi naquit le picot bigouden, version locale de la guipure d’Irlande, qui s’implanta durablement dans le terroir. Le napperon écru en devint un élément identitaire.

 

Les dentellières bigoudènes vendaient leur production de napperons, nappes, gants, sur toute la côte atlantique et jusqu’à Paris, Nice ou Genève. Certaines en firent leur seul métier.

 

Le picot bigouden, implanté en profondeur, survécut aux deux guerres mondiales et traversa le siècle, par transmission orale, entouré d’un secret jalousement gardé.

Mais ce secret, et le désintérêt des générations d’après-guerre, manqua de peu d’avoir raison du savoir-faire.  Dans les années 1990, par manque de transmission, la survie même de la technique fut menacée.

 

 

Sauvegarde et renouveau

 

Des associations de passionnées virent alors le jour, et entreprirent un immense travail de collectage et d'écriture, pour préserver et transmettre la technique.

Il était grand temps. Nous leur devons beaucoup.
Aujourd’hui les Bigoudènes de souche ou de cœur, se réapproprient leur héritage, l’inventorient et préservent la technique.

 

En 2022, grâce à l'initiative de passionnées, le picot bigouden a été inscrit à l'inventaire du Patrimoine Culturel Immatériel français, parmi les savoir-faire de la broderie et de la dentelle en Bretagne.

Fiche d'inventaire - Patrimoine Culturel Immatériel en France

 

 

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